Écrit 2025, je sors déçue comme à chaque fois. Les résultats tombent et ils sont décevants, je suis décevante. C'est l'image que j'ai de moi et qui s'amplifie depuis 9 ans à force d'échecs. Mais autour de moi, on y croit. Juin 2025, mon collègue m'encourage à m'inscrire à CORPS EPS. Je me dis que ce sera la dernière, alors je fais tout pour que ce soit la bonne. Je postule à CORPS EPS et je décroche un entretien. Je ne le savais pas encore, mais c'était déjà une réussite. Pas de préparation, juste une présentation de qui je suis : une femme avec ses doutes, ses forces, ses valeurs, une enseignante blessée par tant d'échecs mais avec l'envie de tout donner cette année. On ne se connaît pas mais je les aime déjà. Manon et Pierre, mes « jury », mes formateurs, mes futurs tuteurs, qui ont toujours cru en moi du début à la fin. Ils m'ont écoutée, aidée, épaulée, bousculée, fait avancer, reculer ; je suis tombée et ils m'ont relevée à chaque fois.
Et c'est cela, CORPS EPS : une formation qui te fait bouger, qui te remet en question, qui te fait aller plus loin que l'obtention du concours. Elle te fait changer ta manière d'enseigner en mettant en avant ta manière d'être. C'est grâce à CORPS EPS que tu apprends véritablement qui tu es, quel enseignant tu incarnes.
2ᵉ victoire : je suis retenue pour suivre la formation !
Début août, 1er bootcamp : j'ai déjà fait connaissance avec 2 candidates avec qui je covoiture. Des profils différents mais la même envie : réussir. On se retrouve tous à Bordeaux, en plein mois d'août. Personne ne se connaît, sauf toutes ces personnes unies par un drôle de lien que tu ressens toi aussi au fur et à mesure de la formation. C'est le début d'une folle aventure : 9 mois de travail intense, dense et exigeant. 1er écrit, 1er oral, premières bases de travail, c'est parti.
Mais je ne suis pas seule, non : il y a tous ces formateurs et ces néo-lauréats qui partagent leur expérience. Une vraie richesse ! Et en face d'eux, nous, ces futurs candidats, qui ne sont pas les numéros des tables à côté de toi le jour de l'écrit, mais tes camarades, qui seront à tes côtés tout au long de cette préparation et bien au-delà.
Alors avant de continuer, merci à toute cette belle équipe 2025-2026 qui m'a montré que « tout seul je vais vite, ensemble on va loin ; l'esprit d'équipe, comme un besoin ».
Depuis cette première rencontre, je bosse, j'écris, je m'oublie. Heureusement, mes préparateurs mentaux sont là. Quentin, qui me questionne pour me faire voir autrement. Céline, qui m'aide à prendre confiance par ses exercices alliant respiration et mouvement, et par ses séances de sophrologie qui m'emmènent loin. Et il y a Natacha, la magicienne qui rééquilibre tout.
Boot camp d'hiver : je désespère, je ne fais pas l'affaire et je pleure. Mais plus que jamais, je suis soutenue par toute la team. Alors je redouble d'efforts et je m'améliore grâce à cette quinzaine « 1 jour, une PA ». Une mobilisation dingue de tous nos formateurs.
Veille de concours : j'y vais plus confiante, mais je ressors déçue car je n'étais pas dans le timing, pas assez de ceci, pas assez de cela… La team est là, je ne réponds pas, je digère. Ils sont toujours là. Mes tuteurs, Manon et Pierre, me disent que ça va le faire. Alors j'y crois quand même et je ne relâche rien. Je commence la préparation à l'oral : on ne sait jamais, j'étais mieux préparée, ça peut passer. Pas le temps d'attendre les résultats, on prend une longueur d'avance et on décortique les premières APSA.
Les résultats tombent. Ça passe ! « Sûrement de justesse », je pense. Le seuil est à 13, c'est au moins la note que j'ai eue, et je suis contente. Dans tous les cas, on rebat les cartes et on joue une nouvelle manche. Ce n'est qu'une première étape.
Et là, tout s'enchaîne : 12 APSA à voir en 6 semaines, visios, CM, TD de questions-réponses, TD de travail, visios en petit groupe. C'est dense et hyper complet. Chaque semaine, 1 oral : une vraie simulation avec 2 heures de préparation, 20 minutes d'exposé, 50 minutes d'entretien et 1 heure de débriefing. On traverse tous les CA, tous les champs de questions. Et on refait une capsule de correction. Tous les formateurs sont mobilisés, une vraie usine à gaz ! Pour les APSA non préparées en visio, on se filme, on est corrigé et on renvoie. Tous les formateurs sont hyper réactifs et disponibles.
J-7, overdose : je ne peux plus rien avaler. J'aurais voulu faire ma dernière simulation de manière majestueuse et je n'ai pas réussi à finir ma prépa. Impossible de commencer, je suis mal et en pleurs devant mon jury. Hyper bienveillants et rassurants, on a parlé de la séance que j'avais préparée et de mes blocages. Ils m'ont conseillée, rassurée. Et c'est ce dont j'avais besoin.
J-1, direction Vichy : je covoiture avec Marion, la chance ! On échange sur toutes les APSA, ça me rassure. On arrive et ils sont là en force, nos formateurs. On attend les candidats du jour, heureux et confiants en sortant. Pourvu que j'aie le même sentiment. Mais pour l'instant, je vois Céline pour ma dernière séance de sophrologie, pour libérer les tensions et refaire le plein d'énergie et de confiance. Je réécoute 2 fois cette séance. J'ai l'impression que mon oral est déjà passé.
Jour J : écouteurs dans les oreilles, exercice de sophro sur le parking, je fais le plein de confiance. Je suis prête, j'y vais. Je suis devant non pas un jury qui m'impressionne, mais devant des collègues avec qui j'échange pour montrer quelle enseignante je suis. 20 minutes de déroulé par cœur et un entretien sans surprises : j'étais préparée à toutes les questions. Je sais, je prends ma place. Fin de l'entretien, je suis bien et fière de moi.
Bien sûr, pendant les jours suivants, je me suis posé mille questions et je me suis dit que j'avais oublié de dire ça, et puis ça… Et avant même de voir les résultats, il y a eu ce message de Manon : « Sophiiiiie ». J'ai compris. J'ai réussi. Grâce à toute cette belle équipe. Merci !